« Les ombres blanches » de Dominique Fortier
Coup de cœur d’Aurélie
Un livre fin et délicat à propos de l’œuvre poétique d’Emily Dickinson, dont les textes et le talent ont été révélés après sa mort, grâce à Lavinia, la sœur d’Emily.
Emily m’est apparue comme un personnage fascinant, entourée d’un halo mystérieux, presque mystique. Tout au long du récit, on la découvre par l’intermédiaire de sa sœur Lavinia, de son frère Austin, de sa belle-sœur Susan, de la maîtresse d’Austin, Mabel, et de la fille de celle-ci, Millicent. Ils semblent à eux tous former une constellation dont Emily serait le centre, astre blanc et lumineux, à l’image de sa passion pour la blancheur.
En retrait de la société et entretenant des relations essentiellement épistolaires avec ses proches, Emily passe les dernières années de sa vie à écrire retranchée dans sa chambre.
À sa mort, Lavinia découvre l’ampleur et la beauté des écrits de sa sœur, et ne peut se résoudre à exaucer le vœu d’Emily, qui lui avait demandé de jeter ses poèmes au feu après sa mort. Accompagnée de Mabel, Susan, Austin et, presque à leur insu, de Millicent, ils vont déchiffrer et retranscrire l’œuvre d’Emily, à la manière d’archéologues de la poésie, puis publier ses poèmes.
Emily, personnage en lui-même poétique, que j’ai imaginée mélancolique et sans doute habitée par je ne sais quels tourments, composant des herbiers enchantés, irradie ombre et lumière à la fois. Disparue, elle hante les siens de façon entêtante, et il m’a semblé voir, sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles, la blanche Emily flotter comme un grand lys, murmurant sa romance à la brise du soir.

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