Rencontre avec Hélène Collongues

Hélène Collongues : Uyaïnim, mémoires d’une femme Jivaro

Vendredi 24 mai à 18h30  Comme la pluie faisait semblant de menacer, la médiathèque d’Aups a accueilli la rencontre avec Hélène Collongues organisée par la Librairie Caractères Libres.

Nous étions une quinzaine  pour écouter Hélène Collongues présenter ce récit de vie. C’était une promesse faite à son amie, rien ne devait être oublié : elle publierait son histoire, elle ferait parler le papier pour elle.

 

Cette femme extraordinaire a porté plusieurs noms : sa mère l’a appelée Yumis, plus tard on l’appelle Albertina, mais elle s’est donné un autre nom : Uyaïnim, le petit palmier souple qui ne casse jamais. Elle s’est juré : « Je suis Uyaïnim, je ne me briserai pas »

Son récit parcourt  plus de cinquante ans. Depuis l’enfance heureuse de Yumis dans la forêt des brumes, jusqu’aux luttes sanglantes pour la défense des terres des peuples autochtones. 

Les épreuves qu’elle traverse ne la brisent pas. Elle en sort plus forte et déterminée à lutter contre les injustices et les violences venues de l’extérieur, mais aussi contre celles que subissent les femmes de sa communauté.

Son instruction lui permet de jouer un grand rôle politique et social. Elle reçoit en 2004 la médaille de l’Ordre du Mérite de la Femme pour ses actions de promotion et de défense des droits des indigènes et spécialement de la femme indigène.

Profondément et intimement reliés au vivant, les peuples de la forêt ont un sens aigu de la fragilité de leur milieu. La démesure, l’excès, le manque de respect envers le vivant sont des crimes majeurs. Mais leur monde est contraint au changement, ils doivent s’adapter pour tenter de préserver leur culture, leurs connaissances ancestrales et leur biodiversité.

On dit que les peuples autochtones représentent 6% de la population mondiale, mais protègent 80% de la biodiversité. 

Pour cela aussi Albertina a lutté, jusqu’à sa mort, gardant sa capacité d’émerveillement, « son sourire de petite fille qu’elle avait quand elle parlait des oiseaux et des parfums de la forêt. »

Ce livre de la collection « Voix de la Terre » donne la parole à la représentante d’un monde traditionnel qui ne veut pas disparaître et cherche à « tracer d’autres chemins ». Il se lit comme un roman, et enseigne comme un essai.