« Un monde à refaire » de Claire Deya
Coup de cœur d’Aurélie
Au printemps 1945, une équipe de volontaires et de prisonniers allemands déminent les plages du sud-est de la France.
Fabien, ancien résistant, à la tête de l’équipe de déminage, est inconsolable depuis la mort d’Odette. Vincent, qui cache sa véritable identité, est prêt à tout pour retrouver Ariane, disparue sans laisser de traces. Matthias, prisonnier allemand en désaccord avec les choix de son pays, rêve d’évasion. Saskia, rescapée des camps de concentration, a tout perdu, mais refuse de baisser les bras.
Ces êtres blessés et désorientés se rencontrent et se heurtent à une réalité brutale qui va les obliger à s’adapter et à reconsidérer leurs attentes.
À l’image des démineurs qui fouillent la plage, Claire Deya sonde l’âme et le cœur de personnages meurtris par la guerre. Tout se balance sans cesse, hésite et tremble sur le seuil de cette paix annoncée. Chacun cherche de nouveaux repères où s’appuyer sans être trahi. Et c’est dans cette zone grise, viscérale, organique, explosive, qu’émerge une certaine forme de beauté collatérale : la vitalité du printemps qui surgit, la curiosité et le goût des autres, la solidarité, la grâce de la littérature et de la musique. Cette part intacte qui laisse entrevoir la possibilité d’un autre avenir.
De tous les personnages, Fabien est celui qui m’a le plus touchée. Profondément humaniste, d’une intelligence et d’une sagesse rares, intuitif, courageux, attentif et juste, il est un homme respecté et fédérateur. Il est celui qui croit en l’autre, désamorce, restaure l’estime, et qui donne une seconde chance.
Ce récit raconte la puissance de la foi en des idéaux, la fraternité, les forces enfouies.
Un roman empreint d’humanité, plus lumineux que tragique, rempli d’espoir, d’une subtilité inouïe.
Un coup de cœur.

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