« Sur l’île » d’Élizabeth O’Connor
« Sur l’île » d’Elizabeth O’Connor
Coup de cœur d’Aurélie
Une ambiance de bout du monde. Cela pourrait être en terre de feu, ou sur les îles Féroé. Une poignée de personnes vivent presque en autarcie sur une petite île au large du pays de Galles, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale.
Une atmosphère humide, la mer et sa brume, les marées, les courants, les trous d’eau, les pêcheurs, et aussi les oiseaux, les herbes hautes, les troupeaux. Puis, cette baleine échouée sur la plage. Serait-ce un mauvais présage ou l’annonce d’une nouvelle ère ? Et ces deux anglais qui débarquent pour étudier les us et coutumes des gens de l’île.
Manod, fille de pêcheur, est une jeune fille curieuse, vive, pleine de questions sur le vaste mondequ’elle ne connait pas. Manod est fascinée par les deux anglais et les aide dans leurs recherches. Mais le monde n’est peut-être pas ce qu’elle croit. Et l’île et ses habitants ne sont pas réduits au folklore qui apparaît à ceux qui viennent d’autres contrées. Ce récit est tout en ambiances, en gros plans serrés, en non-dits et en vapeur éthérée.
Ça colle à la peau pendant toute la lecture : l’humidité, le sable, le vent, les écailles de poisson, les projections mentales des personnages. Et l’humilité d’être, la vie qu’on a, la vie qu’on croit, la vie dont on rêve. La place des personnages est sans cesse questionnée. Car rencontrer l’autre qui semble si différent, séduisant ou mystérieux, n’est pas si aisé.
Ce récit m’a touchée par sa sensibilité, les sentiments universels dont il parle, les croyances et préjugés qui régentent chacun d’entre nous. Il règne un parfum de Tristes Tropiques, où se mélangent étonnement sincère, méfiance, innocence, vanité et arrogance. Ne jamais prêter de grandeur à l’autre ou au contraire chercher à le réduire, parce qu’il est exotique et qu’on le fantasme à sa manière. Brillant.
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